La préfecture de l’Atacora-Donga

PRESENTATION GENERALE DES DEPARTEMENTS DE L’ATACORA ET DE LA DONGA

Les Départements de l’Atacora et de la Donga occupent la partie Nord-Ouest de la République du Bénin comprise entre 8°30 et 11°3 de latitude Nord et 0°45 et 2°10 de longitude Est.

Ils sont limités au Nord par le Burkina-Faso, à l’Ouest par le Togo, à l’Est par les Départements du Borgou et de l’Alibori et au Sud par les Départements du Zou et des Collines, et s’étendent sur une superficie de 31.000 Km2 soit 30% de la superficie totale du Bénin.

1 MILIEU NATUREL

1-1 Le Relief

L’une des originalités des Départements de l’Atacora et de la Donga par rapport aux autres Départements du pays est son relief est son relief accidenté du fait de la présence d’une chaîne montagneuse appelée Atacora.

Mais outre la montagne, les Départements sont parsemés de plateaux et plaines.

1-2 Le Climat

Les Départements de l’Atacora et de la Donga sont situés dans la zone du climat soudanien. Mais la configuration du relief leur confère un microclimat de montagne ici appelé climat atacorien. Ce microclimat se caractérise par des températures relativement plus fraîches à cause de l’altitude et par des précipitations faites d’averses brutales ou orages. On observe deux saisons :
- Une saison pluvieuse de six mois allant de mai à octobre
- Une saison sèche de six mois couvrant la période de novembre à avril

Mais il faut signaler que parfois les aléas climatiques récusent beaucoup cette répartition schématique puisqu’on peut observer des installations tardives et des arrêts précoces des précipitations.

Il tombe en moyenne 1200 mm d’eau ; les commune les plus arrosées se localisent dans la Donga au Sud (Bassila, Ouaké, Djougou) et au centre (Natitingou, Boukombé).

De mi-novembre à février, il souffle l’alizé continental ou l’harmattan, un vent froid et sec venant du Sahara.

1-3 La végétation

Le tapis végétal des Départements de l’Atacora et de la Donga est très varié et présente du Sud au Nord plusieurs types de formations.

Ainsi on trouve dans la commune de Bassila un écosystème de forêt qui, bien qu’appauvri par les feux de brousses et de déboisement massif résultant de l’application de techniques culturales anti sylvicoles et de l’approvisionnement en bois d’œuvre, comporte des espèces ligneuses endémiques et des strates herbacées assez riches.

Dans une moindre mesure on rencontre des forêts classées dans la commune de Djougou. La savane arborée s’observe dans les communes de Kouandé, Péhunco, Kérou et Natitingou. Quant aux communes de Toucountouna, Tanguiéta et Copargo, elles connaissent une végétation évoluant de la savane arborée à la savane arbustive.

Dans les communes de Boukombé, Matéri, Cobly et Ouaké, on observe un dépérissement chronique du tapis végétal qui ne favorise qu’un protection sommaire du sol. On note même dans les communes de Cobly et de Matéri la présence des acacias albida et autres espèces épineuses dont la dominance atteste de la sahélisation de ces localités.

D’une manière générale, la végétation des Départements de l’Atacora et de la Donga porte les marques d’une savane soumise annuellement aux feux de brousse et continuellement assujettie au déboisement et au surpâturage, facteurs qui hypothèquent dans certaines localités sa capacité de régénération.

Mais partout dans les deux Départements, certaines espèces ligneuses bénéficient d’un protection particulière des populations en raison de leur utilité économique, alimentaire, médicinales ou symbolique. C’est l’exemple du Néré (Parkia biglosa), du karité (Butyrosperum parkii) du caïlcédrat (Khaya senegalensis), du Ronier (Borasus), du baobab (Adansonia digitata), du faux fromager (Blighia samida) etc…

1-4 Les sols

Les sols des Départements de l’Atacora et de la Donga sont très diversifiés à l’image de la végétation qui leur sert d’écran. Dans la partie Sud (Bassila, Djougou) et dans la commune de Kouandé les sols sont ferralitiques avec des propriétés physiques et chimiques convenables aux plantes à enracinement profond telle l’igname ou le manioc.

Dans la partie Est prédominent les sols ferrugineux tropicaux peu ou pas lessivés assez intéressants sur le plan agronomique malgré leur faible capacité de rétention d’eau.

Dans l’Ouest et le Nord s’observent les sols ferrugineux lessivés concrétionnés ou non. Il s’agit de sols dont le faible taux de matière organique nécessite un entretien pour maintenir leur aptitude à l’agriculture.

Dans la diversité des sols de l’Atacora et de la Donga, un constat essentiel est que presque tous les facteurs régissant la pédogenèse concourent à l’érosion :
- Les vents de la saison sèche provoquent l’assèchement des sols et activent l’érosion éolienne notamment dans les localités à faible couverture végétale (Matéri, Boukombé et Ouaké)
- Le caractère accidenté du relief et de l’effet de battance des averses brutales provoquent une intense érosion hydrique des sols
- L’action anthropique accentue ce phénomène de l’érosion par les feux de brousse, le déboisement intensif à des fins agricole, énergétique et purement économique.

1-5 Les Cours d’eau

La plupart des grands fleuves du Bénin prennent leur source dans les Départements de l’Atacora et de la Donga. C’est pourquoi ces deux Départements sont considérés comme le château d’eau du Bénin. Par leur relief, l’Atacora et la Donga servent de ligne de partage des eaux entre les bassins du Niger et l’Ouémé d’une part et celui de la Volta d’autre part. Ainsi s’écoulent vers le Nord la Pendjari et ses affluents, vers le Nord-Est, le Mékrou et ses affluents, vers le Sud-Est l’Ouémé et vers le Sud-Ouest la Koumagou.

Les Départements de l’Atacora et de la Donga sont très arrosés mais l’écoulement des eaux est très rapide à cause du relief, ce qui limite l’infiltration des eaux pour l’alimentation des nappes phréatiques.

1-6 La Faune

Elle est très riche et sa diversification est à l’image de la diversité des niches écologiques. Mais en raison de l’impact négatif des actions de l’homme sur la sécurité de la faune (feux de brousse, utilisation permanente des armes à feu, piège de tous genres) l’essentiel des espèces de la faune de l’Atacora et de la Donga se localise dans les réserves et le Parc National de la Pendjari. On y trouve en effet plusieurs espèces d’herbivores (éléphants, buffles, hypotragues, hippopotames, bubales, cobs etc.), des carnivores (lions, léopards, guépards, charognards etc.) et des omnivores.

Ces réserves de biodiversité abritent également d’autres groupes d’animaux comme les oiseaux, les reptiles, les batraciens et les insectes.

2 Milieu Humain

2-1 Généralités

La population des Départements de l’Atacora et de la Donga est estimée en 2002 à 895.845 habitants avec une proportion de 49,69% de sexe masculin et 51,30% de sexe féminin.

De densité très faible, cette population est presque entièrement rurale. La taille moyenne des ménages varie entre 4 et 8 suivant les groupes ethniques.

2-2 Ethnies, langues et religions

Les Départements de l’Atacora et de la Donga comptent une trentaine de groupes sociolinguistiques dont les importantes sont :
- Les Betammaribè
- Les Yora
- Les Waaba
- Les Baatombu
- Les Anni
- Les Lokpa
- Les Bialibè
- Les Gurmaceba

Les statistiques existantes ne nous permettent malheureusement pas de préciser l’importance numérique de chacune de ces ethnies.

De presque toutes les langues les plus parlées dans l’Atacora et la Donga sont du groupe linguistique Gur ou Voltaïque. On peut citer :
- Le Dendi
- Le Baatonu
- Le Ditammari
- Le Waama
- Le Yom
- Le Lokpa

Mais on y rencontre dans une moindre mesure des langues d’autres groupes linguistiques notamment le Fulbé (Peulh) au Nord-Est, le Fon et le Yoruba dans les centres urbains et semi-urbains.

A l’instar des populations des autres Départements du Bénin, celles de l’Atacora et de la Donga possèdent un profond sens religieux inspiré par la conscience pour l’individu de l’existence du sacré et du profane. Cette dimension religieuse des populations de l’Atacora et de la Donga est vécue à travers trois religions :
- L’animisme : c’est de loin la religion la plus importante car elle est majoritairement pratiquée par les populations rurales dans toutes les collectivités territoriales.
- L’islam : en dehors des communes de Bassila, de Ouaké et de Djougou où on note une islamisation quelque peu poussée, la religion musulmane se limite ailleurs aux centres urbains et semi-urbains comme Natitingou, Tanguiéta, Kouandé, Péhunco et Copargo.
- Le Christianisme : présent dans l’Atacora et la Donga de puis plus de 50 ans, le christianisme (catholicisme, protestantisme) s’observe dans les milieux urbains et semi-urbains mais également dans le monde rural où toutefois son impact n’atteint de manière significative que les anciens scolarisés.

Cependant la réalité religieuse dans l’Atacora et la Donga tout comme ailleurs dans le pays est bien plus complexe que cette distinction rigide présentée ci-dessus. Dans les faits, l’islam et le christianisme vécus par les populations sont bien plus un syncrétisme s’appropriant les aspects pragmatiques et utilitaires de l’animisme.

3 Réalités Economiques, Sociales et Culturelles

3-1 Domaine Economique

Les activités économiques dans les Départements de l’Atacora et de la Donga sont prédominées par le secteur agricole qui occupe plus de 80% de la population active. Les Départements de l’Atacora et de la Donga présentent en effet des potentialités de production agricole très énormes. Les principales cultures sontle maïs, le sorgho, le petit-mil, le fonio, l’igname, le manioc, la patate douce et le taro.

L’Atacora et la Donga fournissent aussi des produits de rente : le coton, l’arachide et le tabac.

Près de la moitié de la superficie de ces deux Départements sont cultivables. A peine 12% de cette superficie cultivable est effectivement emblavée, soit 176.851 ha. Cette situation s’explique par l’exode rural, l’avancée du désert dans certaines régions comme Matéri, Cobly, Boukombé et Ouaké, et la dispersion des tatas.

En outre les moyens de production restent rudimentaires. La plupart des outils demeurent traditionnels. Cependant, une certaine mécanisation s’installe avec l’introduction de la culture attelée. Le système de stockage est demeuré le grenier en argile. Mais on note l’introduction de banque de céréales au niveau des groupements de certaines localités. Mais son impact sur la vie économique est très peu sensible.

La production halieutique est très peu développée en raison du caractère saisonnier des cours d’eau, le climat étant marqué par une longue saison sèche.

Quant à la sylviculture, en plus des forêts qui couvrent les parties Sud et Nord-Ouest des Départements, des programmes de reboisement d’immenses zones dans toutes les communes pour lutter contre l’avancée du désert sont en cours d’exécution.

Dans le secteur de l’industrie et de l’Artisanat, les Départements disposent d’importantes matières agricoles et minières qui sont peu ou pas exploitées. La mise en valeur de ces potentialités locales nécessite l’implantation d’infrastructures de taille moyenne, faciles à gérer. Mais en ce moment on ne rencontre dans l’Atacora et la Donga que de petits ateliers proches de l’artisanat.

Les ressources énergétiques de l’Atacora et de la Donga proviennent du bois de feux, du charbon de bois et de l’électricité. La SBEE alimente en énergie et de façon permanente les centres urbains de Natitingou, Djougou, Tanguiéta, Copargo, Kouandé, Boukombé, Péhunco, Kérou. Bassila, Cobly, Matéri, Ouaké sont éclairés à mi-temps. Toucountouna attend toujours.

Certaines communes utilisent l’énergie solaire au niveau des infrastructures administratives et sanitaires.

Le secteur tertiaire n’est pas très développé en raison de l’enclavement des Départements. Moins de 25% des recettes de ces Départements proviennent des perceptions sur les services et le commerce.

L’Atacora et la Donga sont par excellence une zone touristique non négligeable tant sur le plan écologique que culturel notamment avec le Parc National de la Pendjari et les riches traditions culturelles de ces Départements.

L’accueil hôtelier connaît une certaine stagnation du fait du déclin de l’ARDET.

Le sous-sol de l’Atacora et de la Donga recèle de quelques ressources minières à savoir :
- L’or de Perma
- Le phosphate dans le haut mékrou
- Le Cheme et le Nickel dans la région de Tanguiéta

Cette liste pourrait sans doute s’allonger après l’exploration du sous-sol en cours par les sociétés minières. La création d’un Ministère chargé de la Recherche Pétrolière et Minière pourrait donner un souffle nouveau au secteur.

3-2 Domaine de la Santé

Les Départements de l’Atacora et de la Donga connaissent une meilleure couverture sanitaire par le passé du fait de la fréquentation accrue des formations sanitaires par les populations, de l’existence de meilleures infrastructures sanitaires, dues à l’abandon progressif des vieilles habitudes traditionnelles de prise en charge thérapeutique. Le seul facteur limitant qui mérite d’être immédiatement souligné reste l’insuffisance du personnel médical. Outre le secteur public des formations sanitaires privées de grande taille apportent aux populations de l’Atacora et de la Donga des prestations de qualité. Il s’agit de l’hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta et celui dee l’Ordre de Malte de Djougou tous deux transformés en hôpital de zone.

3-3 Emploi

Dans le domaine de l’emploi, l’Atacora et la Donga partagent avec les autres Départements le phénomène de la désarticulation de plus en plus poussée entre l’augmentation de demandeurs d’emploi et la capacité d’embauche tant dans le secteur public que privé. En dehors des recrutements à la fonction publique à titre permanent ou contractuel, les Départements offrent peu d’opportunités de recrutement dans le secteur privé, mais bénéficient de l’ANPE au profit de l’administration publique des Agents de la pré-insertion dont les Services durent un an.

3-4 Activités Culturelles

Les populations urbaines et rurales de l’Atacora et de la Donga se livrent notamment en saison sèche à d’intenses activités culturelles dont la diversité est à l’image de la multiplicité de ces groupes sociolinguistiques.

Il s’agit des rites de passage en cérémonies d’initiation des jeunes (garçons et filles) existant dans toutes les localités non islamisées, les cérémonies de circoncision et d’excision, les cérémonies funéraires individuelles ou collectives suivant les localités, les flagellations, etc… d’une manière générale toutes ces cérémonies comportent une dimension rituelle et sacramentelle qui s’ouvre sur des réjouissances populaires entretenues par des festins ostentatoires.

Mais il faut souligner que ces pratiques sous-tendues par une tradition encore vivace dans l’Atacora et la Donga subissent le poids du modernisme notamment par la monétarisation de plus en plus poussée des rapports entre les acteurs au niveau des différentes cérémonies. Le Gouvernement s’emploie à combattre les rites d’excision du fait des risques qu’ils comportent pur la santé des populations.

4 Réalites Politico-Administratives

4-1 Sur le plan de l’organisation administrative

Les Départements de l’Atacora et de la Donga sont divisés en treize (13) communes subdivisées en 73 arrondissements et en 566 villages et quartiers de ville.

La Préfecture de Natitingou compte dix (10) Services, à savoir :
- Le Servicde des Relations Publiques et de la Communication
- Le Service de la Planification et de l’Aménagement du Territoire
- Lee Service des Affaires Générales
- Le Service des Affaires Financières
- Le Service de la Tutelle, du Contentieux et de la Coopération Décentralisée
- Le Service des Transmissions
- Le Secrétariat Administratif
- Le Service des Chiffres
- Le Secrétariat Particulier
- Le Service des Ressources Humaines

Une pénurie chronique du personnel se fait sentir au niveau des services de la Préfecture. En effet elle compte :

Agents Permanents de l’Etat 18
Ex Collectivités 19
Contractuels 25
Appui des partenaires06
Total 68

4-2 Domaine de la Sécurité

La Sécurité est assurée au niveau des Départements par treize (13) Brigades de Gendarmerie installées dans les Communes, une Brigade Spéciale à Porga, trois (03) Commissariats de Police à Bassila, Djougou et Natitingou, deux (02) Commissariats spéciaux à Porga et Ouaké, deux (02) Brigades de recherche dont un par département, idem pour les Brigades routières, une brigade Pénitentiaire, une Compagnie des Sapeurs-Pompiers, trois (03) Postes de Douane (Boukombé, Djougou et Ouaké).

Les Compagnies de Gendarmerie de Djougou et Natitingou coordonnent toutes les activités des différentes Brigades.

Il existe un bataillon interarmes à Natitingou (6ème BIA) et un autre à Djougou (8ème BIA). Les deux disposent d’une compagnie respectivement à Tanguiéta et Bassila.

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