La Préfecture d’Abomey

I. PRESENTATION DES DEPARTEMENTS DU ZOU ET DES COLLINES

Situés dans la partie centrale du Bénin, les Départements du Zou et des Collines s’étendent du 7è au 8è degré de la latitude nord sur 200 km du Sud au Nord et sur 150 km d’Est à l’Ouest. Les Départements sont limités au Nord par les Départements de la Donga et du Borgou, au Sud par ceux de l’Atlantique, du Couffo, de l’Ouémé et du Plateau, à l’Ouest par le Togo et à l’Est par le Nigéria. Le fleuve Ouémé et ses affluents arrosent les deux départements tandis que le Couffo traverse le département du Zou seul.

Les Départements du Zou et des Collines bénéficient d’un climat de transition entre le semi-équatorial et le soudanien du type du Nord-Bénin qui se caractérise par deux saisons de pluies et deux saisons sèches de durées inégales.

La superficie des départements estimée à 18 700 km2 représente, le 1/6 de celle du pays. Leur population est estimée à 1 200 000 habitants en 2002. Plus des 2/3 de cette population vivent en milieu rural.

Les principaux groupes ethniques qu’on y rencontre sont : les Fons, les Mahi et les Nago.

A. Ouverture socio-historique

Les principaux groupes ethniques qu’on y rencontre sont : les Fon, les Nago et les Mahi. Les religions dominantes sont : les religions traditionnelles (l’animisme), le Christianisme et l’islam. La particularité dans le département du Zou est que la ville d’Abomey qui abrite la Préfecture des deux départements est une ville historique. Elle a exceptionnellement marqué l’histoire du Dahomey d’alors, Bénin d’aujourd’hui, en raison de la farouche résistance du Roi Béhanzin contre le colonisateur. On y trouve de nombreux palais royaux et des vestiges du passé. Dans une proportion moins forte que Abomey, chaque chef-lieu des six communes du Département des Collines, abrite également au moins un palais royal. Ce qui témoigne de la survivance du pouvoir traditionnel en dépit de l’avènement de la décentralisation au Bénin, depuis janvier-mars 2003.

B. Situation géographique

Les Départements du Zou et des collines bénéficient d’un climat de transition entre le semi-équatorial et le soudanien du type Nord- Bénin qui se caractérise par deux saisons de pluies et deux saisons sèches de durée inégales. Le fleuve Ouémé et ses affluents arrosent les deux départements tandis que le Couffo traverse le Département du Zou seul. La superficie des deux départements est de 18700 km² soit le 1/6 de celle du pays. Leur population est estimée à 1200000 habitants en 2002. Plus des 2/3 de cette population vivent en milieu rural.

C. Les Préfets des Départements ddu Zou etd es Collines de 1960 à nos jours

Depuis sa création en 1960, jusqu’à nos jours, le département du Zou, devenu Départements du Zou et des Collines, suite à la réforme territoriale du 15 janvier 1999, a été dirigé successivement par plusieurs Préfets.

Il s’agit de :

NOM ET PRENOMS REGNE
1 Jacques ALLUSON 1960 - 1961
2 Antoine TOKO 1961- 1963
3 Benoît CAPO-CHICHI 1963 - 17 avril 1965
4 Alfred BOSSOU 17 avril 1965 - 19 octobre 1965
5 Antoine AGOSSA 19 octobre 1965 - 20 novembre 1972
6 Théophile AMOUSSOU - GUENON 20 novembre 1972 - 22 février 1974
7 Robert ATELEVI VINYOR 22 février 1974 - 10 octobre 1975
8 Armand MONTEIRO 10 octobre 1975 - 30 janvier 1977
9 Paul KPOFFON 20 février 1977 - 20 février 1980
10 Ali HOUDOU 20 février 1980 - 17 avril 1982
11 Sanni MAMA GOMINA 17 avril 1982 - 13 août 1984
12 Moustapha ELEGBEDE 13 août 1984 - 11 février 1988
13 Léopold AHOUEYA 11 février 1988 - 09 mai 1990
14 Mathias D. GOGAN 09 mai 1990 - 20 septembre 1995
15 Issa DEMOLE MOKO 20 septembre 1995 - 11 juillet 1996
16 Ibrahim SOULE D. AGBETOU 11 juillet 1996 - 22 octobre 1998
17 Bartélémy DEGUENON 22 octobre 1998 - 14 avril 2005
18 Timothée KOKOU ADJITCHE 14 avril 2005 - 05 novembre 2008
19 Armand Maurice NOUATIN 11 novembre 2008 à ce jour

II. Administration Territoriale

L’Administration territoriale est l’ensemble des services administratifs (autres que les services centraux), articulés autour des circonscriptions administratives. Aux termes de la loi 97-028 du 15 janvier 1999, l’Administration Territoriale de l’Etat est assurée par les autorités et services déconcentrés de l’Etat et par les collectivités territoriales décentralisées. Il s’ensuit que l’administration territoriale est constituée de l’administration départementale et de l’Administration communale.

Aux termes de la loi sus-indiquée, le Territoire de la République du Bénin est découpé en douze (12) Départements et en soixante dix-sept (77) communes dont trois à statut particulier (Cotonou, Porto-novo et Parakou) et soixante quatorze (74) à statut ordinaire. Les Communes sont des personnes morales de droit public. Elles jouissent de la personnalité juridique et de l’autonomie financière.

A. Administration départementale

1. Le Département est la circonscription administrative de l’Etat en République du Bénin. Il est dirigé par un Préfet qui représente l’Etat et chacun des Ministres du Gouvernement. Le Préfet assure la coordination des services déconcentrés de l’Etat. Il est également l’Autorité de tutelle de la Commune.

2. La Préfecture

La Préfecture est le siège de la représentation de l’Etat au niveau du département. Elle ne jouit ni de la personnalité juridique ni de l’autonomie financière.

a) Les Autorités de la Préfecture du Zou et des Collines sont :

• le Préfet du Département ;

• le secrétaire Général du Département ;

• le ou les Chargés de mission de la Préfecture ;

• les Responsables en charge de la sécurité ;

• les Responsables des services et organismes déconcentrés de l’Etat.

b) Télécharger en un clic l’organigramme de la préfecture

c) Les Services de la Préfecture

• Le secrétaire Général des Départements du Zou et des Collines dirige le Secrétariat Général desdits départements qui comprend les services ci-après :

• le Service des Affaires Générales ;

• le Service des Affaires Financières

• le Service de la Planification et de l’Aménagement du Territoire ;

• le Service de la Tutelle, du Contentieux et de la Coopération Décentralisée ;

• le Service des Transmissions ;

• le Service des Chiffres ;

• le Service de la Communication, des Archives et de la Documentation ;

• le Secrétariat Administratif.

d) Les Structures déconcentrées de l’Etat, Antennes et Offices

• COMPAGNIE DE LA GENDARMERIE ;

• GROUPEMENT REGIONAL DU CENTRE ;

• COMPAGNIE DEPARTEMENTALE DES SAPEURS POMPIERS ;

• TRIBUANAL DE PREMIERE INSTANCE ;

• DIRECTION DEPARTEMENTALE INDUSTRIE ET COMMERCE ;

• DIRECTION DEPARTEMENTALE DE TOURISME ET ARTISANAT ;

• DIRECTION DEPARTEMENTALE DES TRAVAUX PUBLIQUES ;

• CENTRE REGIONAL DE PROMOTION AGRICOLE ;

• RECEVEUR DEPARTEMENTAL DES FINANCES ;

• DIRECTION DEPARTEMENTALE DE LA PROSPECTIVE ET DU DEVELOPPEMENT ;

• DIRECTION DEPARTEMENTALE DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ET SECONDAIRE ;

• DIRECTION DEPARTEMENTALE DES DOUANES

• DIRECTION DEPARTEMENTALE DE LA POLICE NATIONALE ;

• DIRECTION DEPARTEMENTALE DE LA SANTE PUBLIQUE ;

• DDEPN : DIRECTION DEPARTEMENTALE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA PROTECTION DE LA NATURE ;

• DIRECTION REGIONALE DE LA SONAPRA ;

• INSPECTEUR DEPARTEMENTAL DES IMPOTS ;

• CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIES DU BENIN ANNEXE INTERDEPARTEMENTAL ;

• DIRECTION DEPARTEMENTALE DES POSTES ET TELECOMMUNICATIONS ;

• DIRECTION REGIONALE DE LA SBEE

• DIRECTION REGIONALE DE LA CAISSE NATIONALE DE SECURITE SOCIALE ;

• DIRECTION DEPARTEMENTALE DE LA JEUNESSE DES SPORTS ET DES LOISIRS ;

• CENTRE DEPARTEMENTAL DE L’INFORMATION ;

• DIRECTION DEPARTEMENTALE DE LA FAMILLE, DE LA PROTECTION SOCIALE ET DE LA SOLIDARITE ;

• DIRECTION DEPARTEMENTALE DE LIAISON DE LA DOCUMENTATION ;

• DIRECTION DEPARTEMENTALE DES TRANSPORTS TERRESTRES ;

• DIRECTION DEPARTEMENTALE DES MINES DEL’ENERGIE ET DE L’HYDRAULIQUE ;

• DIRECTION DEPARTEMENTALE DE LA SOCIETE NATIONALE DES EAUX DU BENIN ;

• DIRECTION DEPARTEMENTALE DU TRAVAIL ET LA FONCTION PUBLIQUE

• DIRECTION DEPARTEMENTALE DE L’HABITAT ET URBANISME ;

• INSTITUT GEOGRAPHIQUE NATIONAL/ANTENNE ZOU-COLLINES ;

• AGENCE BENIN PRESSE ;

B. Les collectivités locales décentralisées

Les collectivités locales décentralisées constituent des espaces institutionnels où sont gérées les affaires publiques locales par des représentants élus de la population. Ces affaires locales sont conduites par l’Administration communale placée sous l’autorité du maire, exécutif de la commune et du conseil communal (organe délibérant) de la commune.

1. Les communes de droits communs

Les départements du zou et des Collines comprennent 15 communes dont 9 dans le Zou à savoir : Abomey, Bohicon, Agbangnizoun, Djidja, Zogbodomey, Zakpota, Ouinhi, Zagnanado et Covè et 6 dans les Collines à savoir : Bantè, Savalou, Dassa,Glazoué, Savè et Ouèssè. Il s’agit exclusivement des communes régies par le droit commun.

2. Les communes à statut particulier

Les départements du zou et des Collines n’en disposent pas pour le moment.

C. Cadres départementaux de concertation

Outre le Secrétaire Général de Département, les Chargés de mission, les Chefs des services de la Préfecture et les Directeurs des structures déconcentrées de l’Etat, Antennes et Offices le Préfet du Département est assisté dans ses différentes missions par des cadres de concertation. Il s’agit essentiellement de la Conférence Administrative Départementale (CAD) et du Conseil Départemental de Concertation et de la Coordination (CDCC). Le 1er est une instance « de proposition, de mise en cohérence et de suivi des actions et activités des structures déconcentrées de l’Etat au niveau du Département ». Le second, est un organe consultatif. Il est obligatoirement consulté sur les programmes de développement économique, social et culturel des communes et sur la mise en cohérence de ceux-ci avec les programmes nationaux.

D. Les activités menées à la préfecture du zou et des Collines

Les activités menées sont celles dévolues au Préfet et aux différents services de la préfecture par les textes de lois de la réforme territoriale de janvier 1999. Ces activités peuvent être réparties en trois grandes catégories.

- Primo : activités d’ordre général ou dites d’administration générales. Elles consistent à traiter et exécuter les instructions venant des autorités centrales et à rendre compte à celles-ci de tout ce qui se passe dans le département, dans tous les domaines de la vie politique, économique, administrative, sociale et culturelle.

- Secundo : les activités de coordination des services déconcentrés de l’Etat.

Toutes les activités menées par les structures déconcentrées de l’Etat, implantées dans les départements sont contrôlées par le Préfet dans le cadre de l’exercice de leurs compétences respectives. L’objectif ici est d’assurer l’efficacité de l’action publique afin de rendre des services de qualité aux populations. C’est le Préfet qui note par exemple la performance des Directeurs déconcentrés de l’Etat.

- Tertio : Les activités liées au contrôle de Tutelle.

Le Préfet en sa qualité d’autorité de tutelle des communes de sa juridiction, exerce des fonctions d’assistance et de conseils aux communes et veille à la légalité des actes que prennent les autorités communales : c’est le contrôle de légalité.

A cet effet, plusieurs comités sont créés.

1. Les comités spéciaux de gestion de la décentralisation

Le Préfet est assisté dans l’exercice de ses fonctions par les cadres de la préfecture et des structures déconcentrées qui animent les différents comités mis en place dans ce cadre. Il s’agit notamment :

a) Le Comité départemental de contrôle de légalité

Il vérifie la légalité des actes pris par le Maire et les délibérations du conseil communal. Il fonde son opinion sur les prescriptions du bloc de légalité (Constitutions, Traités, Lois, Décrets, Arrêtés etc).

b) Le comité technique d’étude et d’approbation des actes budgétaires

Il vérifie également la légalité des actes budgétaires en se fondant sur des textes de loi notamment la loi 98-007 du 15 janvier 1999 portant régime financier des communes en République du Bénin.

2. Les autres activités menées à la Préfecture

Les activités énumérées plus haut ne sont pas exhaustives. En dehors de celles-ci, on peut citer entre autres, l’enregistrement des associations et ONG ainsi que l’établissement des Cartes nationales d’Identité aux citoyens.

a) L’enregistrement des associations et ONG

Les étapes indispensables pour l’obtention d’un récépissé de Déclaration d’Association.

i. Etude préalable des statuts et textes devant régir les associations ou ONG ;

ii. Constitution des pièces ;

iii. Etude définitive pour vérification et mise en conformité ;

iv. Délivrance du récépissé ;

S’agissant des pièces, elles varient selon la nature de la demande de l’organisation ou de l’ONG :

- SIMPLE DECLARATION

1. Une (01) demande d’enregistrement adressée au Préfet précisant l’adresse exacte du siège (Commune, Arrondissement, Quartier, Carré ou Lot, Parcelle, Maison, Adresse postale ou téléphonique) ;

2. Quatre (04) exemplaires du procès verbal de l’assemblée générale constitutive ;

3. Liste de présence ;

4. Quatre (04) exemplaires des statuts ;

5. Quatre (04) exemplaires du règlement intérieur ;

6. Les extraits du de casier judiciaire datant de moins de trois mois des principaux dirigeants ;

• Président ;

• Vice Président si prévu dans les statuts ;

• Secrétaire général ;

• Trésorier général ;

• Trois (03) chemises dossiers à sangle ;

• Une quittance des frais d’étude de dossier contre le versement d’une somme de sept mille cinq cent ( 7500) francs CFA à verser dans le compte N°361-01-1644 TRESOR PUBLIC (RECETTE DES FINANCES)

- MODIFICATION DES STATUTS OU DE CHANGEMENT DANS L’ORGANE DIRIGEANT

1. Une (01) demande d’enregistrement adressée au Préfet précisant l’adresse exacte du siège (Commune, Arrondissement, Quartier, Carré ou Lot, Parcelle, Maison, Adresse postale ou téléphonique) ;

2. Quatre (04) exemplaires du procès verbal de l’assemblée générale modificative ;

* Un exemplaire de l’ancien PV et liste de présence ;

3. Quatre (04) exemplaires des nouveaux statuts ;

* Un exemplaire de l’ancien statut ;

4. Quatre (04) exemplaires du nouveau règlement intérieur ;

* Un exemplaire de l’ancien règlement intérieur ;

5. Les extraits de casier judiciaire datant de moins de trois mois des nouveaux dirigeants ;

6. Deux (02) chemises dossiers à sangle ;

7. Une quittance des frais d’étude de dossier contre le versement d’une somme de sept mille cinq cent ( 7500) francs CFA à verser dans le compte N°361-01-1644 TRESOR PUBLIC (RECETTE DES FINANCES)

8. Une photocopie de l’ancien récépissé.

- ASSOCIATION OU ONG A CARACTERE INTERNATIONAL

1. Une (01) demande d’enregistrement adressée MISP précisant l’adresse exacte du siège (Commune, Arrondissement, Quartier, Carré ou Lot, Parcelle, Maison, Adresse postale ou téléphonique) ;

2. Quatre (04) exemplaires du procès verbal de l’assemblée générale constitutive ;

3. Quatre (04) exemplaires des statuts ;

4. Quatre (04) exemplaires du règlement intérieur ;

5. Quatre (04) récépissés d’enregistrement de dossier de l’Association ;

6. Quatre (04) copies de l’extrait du journal officiel ayant publié l’Association ou l’ONG ;

7. Les extraits de casier judiciaire datant de moins de trois mois des principaux dirigeants ;

• Président ;

• Vice Président si prévu dans les statuts ;

• Secrétaire Général ;

• Trésorier Général ;

8. Un (01) extrait du casier judiciaire du Représentant de l’Association au bénin ;

9. Un (01) exemplaire du rapport d’activités des deux dernières années ;

10. Un (01) exemplaire du mandat de représentation (procuration délivrée par le Président de l’Association à son Représentant au Bénin) ;

11. Trois (03) chemises dossiers à sangle ;

12. Une quittance des frais d’étude de dossier contre le versement d’une somme de sept mille cinq cent ( 7500) francs CFA à verser dans le compte N°01/001/HOR 45/92 TRESOR PUBLIC .

b) L’établissement des Cartes nationales d’identité aux citoyens

Pour l’établissement d’une carte nationale d’identité, les pièces à fournir sont les suivantes :

1. Acte de naissance ou souche légalisée ;

2. Certificat de résidence ;

3. Certificat de possession d’Etat ;

4. Certificat de travail, attestation de travail ou autre preuve de profession ;

5. Deux photos d’identité récentes ;

6. 2400 FCFA pour achat de fiche de renseignements.

En cas de perte, les pièces nécessaires pour l’établissement d’un duplicata sont :

1. Certificat de perte avec un timbre du service des impôts d’une valeur de 800 FCFA ;

2. Un acte de naissance légalisé (moins de trois) ;

3. Deux photos d’identité récentes ;

4. 2400 FCFA pour achat de fiche.

AUTRES INFORMATIONS SUR LES DEPARTEMENTS DU ZOU ET DES COLLINES

Les Départements du Zou et des Collines

Les Départements du Zou et des Collines regroupent quinze (15) communes à savoir : Abomey, Agbangnizoun, Bohicon, Covè, Djidja, Ouinhi, Za-Kpota, Zagnanado et Zogbodomey pour le Zou ; et Bantè, Dassa, Savè, Savalou, Ouessè, Glazoué pour les Collines.

On dénombre dans le Zou un total de 423 villages et quartiers de ville regroupés en 76 arrondissements ; tandis que les Collines comptent un total de 297 villages et quartiers de ville répartis dans 60 arrondissements.


Le marché HOUNDJROTO d’Abomey

II- ATOUTS ET CONTRAINTES AU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL DES DÉPARTEMENTS

De par leur situation géographique, leurs potentialités économiques et les nombreuses infrastructures socio-économiques qui y sont réalisées, les Départements du Zou et des Collines sont l’un des rares, parmi les douze départements que compte le Bénin, à pouvoir amorcer un développement harmonieux sans à coup. Ce processus est toutefois handicapé par des facteurs endogènes et exogènes.


La résidence du Préfet des Départements du Zou et des Collines

II. 1 – ATOUTS SOCIO-ECONOMIQUES

II. 1. 1. LA POPULATION

Elle est essentiellement rurale et les 2/3 vivent à la campagne. Son rythme d’accroissement annuel avoisine celui à l’échelle nationale (3,14%). Avec une densité de 114 h au km2 contre 160 à 200 habitants/km2 dans les autres départements du Sud, on note une assez bonne répartition de la population sur l’ensemble du territoire des Départements. Cette faible pression démographique favorise l’existence de vastes terres cultivables.

La population active se répartit pour 70% dans le secteur primaire, 8% dans le secondaire et 22% dans le tertiaire.

II. 1. 2. LE SECTEUR DU DEVELOPPEMENT RURAL

Les Départements du Zou et des Collines disposent de plus de 1 230 000 ha de terres cultivables dont 222.000 ha seulement sont cultivées.

- La terre et toutes les ressources naturelles dont elle est pourvue (plans d’eaux, forêts, collines, bas-fonds, vallées etc) constituent le capital de base essentiel pour le développement des activités agricoles.

On y trouve la plupart des produits vivriers de notre pays.

- L’élevage occupe la 3è place au plan national avec des effectifs de 54. 000 à 60.000 têtes de bovins sédentaires et près de 125.000 à 150.000 bovins transhumants. On note près de 47.000 têtes d’ovins, 120.000 caprins et 80.000 porcins.

- La pêche est une activité secondaire chez les populations riveraines des plans d’eau, notamment du fleuve Ouémé et ses affluents (l’Okpara à l’Est et le Zou à l’Ouest), du Couffo et de deux grands lacs Aziri et Sré.

Il faut noter également l’existence de beaucoup de sources et de forages artésiens à gros débit qui offrent d’énormes potentialités de pisciculture.

- Les périmètres de reboisement, les forêts classées, les plantations domaniales et privées (palmeraies, Anacarderaies, Teckeraies, Agrumes) ainsi que les zones libérées de l’onchocercose disponibles dans le Zou présentent une multitude d’espèces botaniques de valeur technologique, médecinale, alimentaire, sociale et culturelle non négligeable.

- Les unités industrielles de transformation (Maïseries de Bohicon, Scierie de Saclo, usine de jus d’agrume d’Allahè, usine d’égrenage de coton etc…) ; les infrastructures modernes et traditionnelles de stockage et les équipements artisanaux de transformation de manioc, de coco, d’obtention du biogaz et d’éclosion d’œuf existants constituent de véritables atouts pour le secteur rural dans le Zou.


Le centre ville de Bohicon

II. 1. 3 – LE SECTEUR DE L’INDUSTRIE, DE L’ARTISANAT ET DU TOURISME

Le tissu industriel des deux Départements est constitué essentiellement d’unités de transformation des produits locaux. Il s’agit entre autres de la scierie industrielle de l’ONAB à Bohicon, l’usine de jus d’agrumes d’Allahè, l’huilerie SHB-VITALOR de Bohicon et FLUDOR de Cana, une Maïserie, l’usine de transformation du manioc à Savalou, une société sucrière à Savè (SUCOBE), des usines d’égrenage de coton à Dassa, Savalou, Glazoué et les unités industrielles de la SONAPRA.

Il existe également de nombreuses petites unités semi-industrielles (boulangerie, imprimerie, BTP…) gérées par des privés ou des coopératives comme les menuiseries etc – aux côtés desquelles se sont développées les activités de transformation artisanale. Ce type de production a un statut informel. Il s’agit de la production du charbon de bois, de celui de gari, d’huile de palme, de palmiste et d’arachide, la fabrication du savon noir, de poteries, de nattes, de biens métalliques ( quincaillerie, ferronnerie etc).

Dans le domaine de l’artisanat d’art, le Département jouit d’une longue tradition de savoir-faire et de l’habileté de ses artisans. Le travail de sculpture sur laiton et sur bois, de cuivre, la tapisserie et la broderie y sont très développés.

En ce qui concerne l’artisanat de service, il est assez varié. On distingue la coiffure, la couture, le mécanique auto et moto, le dépannage radio, la plomberie, la maçonnerie, l’électricité bâtiment etc…

Dans ce sous-secteur de l’artisanat, l’effectif des hommes de métier croît d’année en année ; il n’est pas rare de trouver 30 à 60 apprentis dans un atelier de couture ou dans un garage de réparation de véhicules dans les villes d’Abomey, de Bohicon, de Dassa, de Savalou… Ceci s’explique par le fait que l’artisanat de service constitue de plus en plus un refuge pour les jeunes déscolarisés et surtout parce que l’exercice d’un métier de prestation de service ne nécessite pas toujours un fort capital d’installation.

Sur le plan touristique, il existe dans les Départements de nombreux sites d’attrait touristique insuffisamment ou non exploités. Le Département dispose de quelques réceptifs hôteliers modernes tels que l’hôtel DAKO, SINOUTIN à Bohicon, le Motel d’Abomey, l’Hôtel GUEDEVI, le restaurant La Lune, le Motel de Dassa, Hotel IDADOUN de Savè et de nombreuses auberges.es deux départements disposent d’importants atouts au plan touristique et artisanal qui tournent autour du Musée historique d’Abomey, les « Mamelles de Savè », les « 41 collines de Dassa-Zoumè » ; sans oublier les folklores Fon, Mahi, Tchabè, Idatcha…


Les collines de Dassa

Le mur du musée historique d’Abomey

II. 1. 4 SECTEUR TRANSPORT, COMMUNICATION ET ÉQUIPEMENT

De par leur situation géographique, les Départements du Zou et des Collines constituent pour la République du Bénin, la Zone charnière de la liaison Sud-Nord entre les régions méridionale et septentrionale d’une part et un des maillons Est-Ouest entre le Nigéria et le Togo d’autre part.

De ce fait, sur le plan routier, les deux Départements bénéficient du drainage des principaux axes suivants :

  • SUD-NORD :

Cotonou-Bohicon-Dassa-Parakou-Malanville

Cotonou-Bohicon-Dassa-Natitingou-Porga

  • OUEST-EST :

Dekpo (frontière Togo) – Bohicon-Kétou-Illara (frontière Nigéria)

Doumè (frontière Togo) – Savalou-Save-Oke Owo (frontière Nigéria)

Au total, les Départements du Zou et des Collines disposent d’un réseau routier dense de quelques 1.516 kms constitués de :

- 606 km de routes classées Nationales ou Nationales Inter-Etat dont 145 km de bitumes ;
- 146 km de routes classées Départementales ;
- 764 km de routes rurales réhabilitées sur un besoin estimé à environ 2.560 kms.

Le bitumage en cours du tronçon Abomey - Bohicon - Kétou est le dernier maillon de l’axe bitumé Cotonou-Bohicon et constitue un nouvel atout pour le développement.

Dans le domaine des transports ferroviaires, le Département abrite une bonne partie du réseau national avec environ 30 km de voie ferrée.

Sur le plan de la liaison aérienne, le Département bénéficie d’une ligne Bohicon-Dassa-Savalou-Savè de bonne qualité d’écoute.

S’agissant de l’équipement, les Départements disposent d’un plan directeur d’urbanisme. Des quinze (15) circonscriptions administratives qui le constituent, quelques-unes sont dotées de plan de lotissement.

Beaucoup de points d’eau ont été forés dans les deux Départements avec le concours des partenaires au développement. Les deux Département jouissent présentement d’un projet de forage de 225 puits en milieu rural. Avec ces différentes réalisations, le taux de couverture en matière d’hydraulique villageoise est évalué à environ 45%.

II.1.5 SECTEUR SANTE

En dehors des structures de santé du secteur privé, les Départements du Zou et des Collines disposent d’un Centre Hospitalier Départemental situé à Abomey et de plusieurs centres publiques de santé répartis comme suit :

Pour le Département du Zou :
- dix (10) maternités,
- seize (16) centres de santé de la commune,
- quarante (40) centres de santé d’arrondissement et 28 dispensaires

Pour le Département des Collines :
- 38 maternités,
- 4 centres de santé de la commune,
- 33 centres de santé d’arrondissement et 82 dispensaires pour les 297 villages.

Sur le plan sanitaire, les chiffres des deux départements sont encore en dessus des ratios de l’OMS qui prévoit : un (1) médecin pour 10 000 habitants ; un (1) infirmier et une (1) sage femme pour 5 000 habitants.

II. 1. 6 SECTEUR EDUCATION

Dans le domaine de l’enseignement primaire, les deux Départements ont un niveau de scolarisation moyen d’environ 54% et disposent d’une salle de classe pour 14. 000 habitants.

On dénombre dans le Zou 333 écoles primaires publiques, 16 collèges à 1er cycle et 8 collèges à 2ème cycle. Les Collines disposent de 145 écoles primaires, 21 collèges à 1er cycle et 5 collèges à 2ème cycle.

Quant à l’enseignement technique et professionnel, il connaît un essor relatif et est le fait essentiellement des opérateurs économiques privés.

En ce qui concerne l’alphabétisation, le niveau des deux Départements dans le domaine est proche de celui de l’ensemble national et est même un peu meilleur dans les zones rurales du Zou que dans l’ensemble des zones rurales du Bénin (84% en milieu rural et 70% en milieu urbain)

II. 1. 7 SECTEUR COMMERCE

Les Départements du Zou et des Collines partagent leurs frontières avec le Nigéria, le Togo et les autres Départements du pays. A ce titre, ils sont potentiellement promus au développement des échanges de toutes sortes.

Les activités commerciales dans les deux Départements reposent d’une part sur la vente de produits vivriers (maïs, arachides, gari, cossettes, voandzou, tubercules…) issus de la production agricole locale, de l’huile de palme et de palmiste en provenance de Bohicon-Abomey ; et d’autre part sur la distribution de denrées alimentaires, de produits manufacturés et de produits d’exportation venus de Cotonou et du Nigéria…

II. 2 CONTRAINTES AU DEVELOPPEMENT

II. 2. 1 LA POPULATION

La population connaît d’importants mouvements migratoires notamment vers le Borgou, l’Atlantique et le Nigéria en quête de mieux-être. Environ 8.000 de ses bras valides sont touchés par l’exode rural par an. Le faible taux d’activité féminine constitue un frein au développement.

II. 2. 2 LE SECTEUR DU DÉVELOPPEMENT RURAL

Les contraintes au secteur du développement rural sont multiples et multiformes au nombre desquelles on peut retenir :

- Les aléas climatiques avec leurs conséquences fâcheuses sur le calendrier cultural et la production agricole ;

- L’exode rural et l’émigration qui privent le Département d’une importante partie de ses bras valides ;

- L’enclavement de certaines zones de grandes productions entraînant pour les producteurs d’énormes pertes ;

- L’absence de crédit pour les cultures vivrières ;

- L’inorganisation de la collecte des produits de crue ayant pour conséquence le non fonctionnement à pleine capacité de la plupart des industries existantes ;

- Le non approvisionnement en eau des villages, facteur limitant dans la capacité d’intervention des populations rurales dans différentes terres agricoles (artisanale, attelée, irriguée etc…).

Il découle de cette situation qu’il s’avère nécessaire de développer une politique conséquente d’alimentation en eau des zones rurales.

- Le non entretien et le vieillissement des plantations ayant pour corollaire l’insuffisance d’approvisionnement en matières premières des industries locales ;

- L’insuffisance des infrastructures de stockage.

Il s’agira de développer l’installation des infrastructures de stockage afin de résoudre les problèmes de conservation des produits agricoles sujets à des attaques de parasites.

- La mauvaise gestion du terroir ;

- La mauvaise gestion de l’existant ;

- Le déboisement anarchique de nos îlots forestiers et des périmètres reboisés ;

- L’installation des champs de culture sur les rives des cours d’eau, l’agriculture itinérante sur brûlis sont autant de contraintes qui freinent le développement harmonieux du secteur.

II. 2. 3 LE SECTEUR INDUSTRIE, ARTISANAT ET TOURISME

La plupart des unités industrielles des Départements ne sont pas fonctionnelles. Pour celles qui le sont, elles sont peu performantes et tournent en deçà de la moitié des capacités installées. Par ailleurs, il se pose à ces unités de production le problème d’approvisionnement en matières premières dû à une inorganisation de leur collecte.

Le coût prohibitif de la production et l’étroitesse du marché national solvable pour les produits finis constituent également autant de freins au développement de ce secteur.

Il est à noter que le manque de ressources financières pour soutenir le développement de l’artisanat et du tourisme, la mévente des produits artisanaux malgré l’excellente qualité de ceux-ci, la pénurie de la matière première pour la fabrication des objets artisanaux en particulier le bois pour la sculpture, l’incompétence des artisans généralement formés sur le tas et l’inexistence d’un véritable circuit touristique sont autant de facteurs limitant la promotion et la dynamisation de ce sous-secteur.

II. 2. 4 SECTEUR TRANSPORT, COMMUNICATION ET ÉQUIPEMENT

En dépit des atouts réels dont ils disposent, les Départements du Zou et des Collines sont loin de répondre aux attentes de la population et de jouer le rôle de transit que leur confère leur situation géographique. En effet, des contraintes existent et sont d’importance non négligeable.


Pré électrification solaire

Ces contraintes sont, entre autres, liées :

SUR LE PLAN ROUTIER :

- à l’insuffisance du réseau routier surtout des routes revêtues ;

- à l’insuffisance ou l’inefficacité de l’entretien du réseau existant ;

- à l’accès difficile de certaines voies surtout les routes de dessertes rurales ou d’intérêt local en toute saison ;

- à l’état défectueux ou l’inexistence d’ouvrage d’art sur certains axes ;

- au manque crucial du matériel des travaux publics. La conséquence immédiate de ces contraintes est l’enclavement des zones de grande production agricole et le faible niveau des échanges.

En ce qui concerne le transport aérien, on note une quasi absence de l’aménagement des aérodromes.

SUR LE PLAN ÉQUIPEMENT :

- au manque de moyens matériels et techniques pour l’application des plans de lotissement et surtout pour l’ouverture de l’aménagement des voies urbaines ;

- à l’insuffisance des points d’eau pour l’alimentation en eau potable de la population.

II. 2. 5 SECTEUR SANTE

- Le sous équipement et le manque chronique de matériel dans les centres de formation de santé ;

- La malnutrition liée aux habitudes alimentaires et à la faiblesse des revenus ;

- L’insuffisance de personnel de santé : Un (01) médecin pour 21.600 habitants ;


Le centre Hospitalier départemental du Zou

- Les nombreuses affections dont les principales sont : Le paludisme, la rougeole, les affections parasitaires intestinales, la coqueluche, la dracunculose, la bilharziose vésicale, le kwashiorkor, le tétanos, la tuberculose, les maladies vénériennes.


Un puits moderne
II. 2. 6 SECTEUR EDUCATION

Les contraintes au développement de ce secteur sont les suivantes :

-  Le faible niveau de scolarisation dans certaines communes ;

-  L’insuffisance du personnel éducatif ou enseignant ;

-  Le manque d’infrastructures scolaires adéquates. En effet, 47% de celles existantes sont en matériaux provisoires ;

-  L’insuffisance ou le manque de matériel et d’équipement didactique.

II. 2. 7 SECTEUR COMMERCE

- Le développement du secteur informel dominé par le micro-commerce ;

- Le commerce frauduleux : Il concerne tous les biens échangés en l’état et se développe de manière effrénée dans les régions frontalières avec le Nigéria. Ceci procède de la perméabilité de nos frontières d’une part et de l’inexistence d’un véritable contrôle des échanges entre le Département et les pays voisins ;
- Le manque de débouchés pour les produits lié à l’étroitesse du marché local.


Le marché
JPG - 47.1 ko

JPG - 51.5 ko

Les Rois

III- CONCLUSION

De ce qui précède, il ressort que les Départements du Zou et des Collines, à l’instar de l’ensemble de la nation béninoise, ont de nombreux besoins de développement dont le financement ne pourrait être assuré exclusivement sur ressources propres. Le concours extérieur à la mise en œuvre d’un certain nombre d’actions visant à lever les goulots d’étranglement identifiés en vue d’amorcer un véritable développement régional ou local, requiert une importance capitale. Ceci suppose au préalable que le programme de développement économique et social du Département reflète les profondes préoccupations des communautés de base et que ces dernières aient été associées à son élaboration.

Galerie d'images